La femme tunisienne est un exemple à suivre pour l'ONU. Selon l’agence Tunis Afrique presse, le 5 avril dernier, lors de la cinquième réunion du Colloque mondial des présidents d’université à Philadephie (Etats-Unis), le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a déclaré que le rôle de la femme tunisienne dans la Révolution du jasmin n’était pas le fruit du hasard:

«Ce n’est pas un hasard si la vague de ferveur révolutionnaire qui balaie l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient a commencé en Tunisie et si les femmes y ont joué un grand rôle.»

Revenant sur le droit de vote des femmes tunisiennes octroyé en 1966 par le président Habib Bourguiba —qui a consacré le 13 août 1956 l’égalité de l’homme et de la femme en Tunisie—, le secrétaire général de l'ONU a fait le lien entre ces avancées fondamentales et uniques dans le monde arabe du statut de la femme, et le combat contre les dictatures.

«Ce fut le premier pays dans le monde arabe à accorder le droit de vote aux femmes», a-t-il indiqué. «Les filles sont éduquées et représentées dans le monde professionnel et au Parlement. Par conséquent, elles comprennent très bien quels sont leurs droits fondamentaux.»

Femmes des années 80

L’ancien président Habib Bourguiba avait dans le même sens et bien avant Zine el-Abidine Ben Ali aboli la polygamie, interdit la répudiation, abrogé le mariage forcé et légalisé le divorce. En 1973, c’est au tour de l’avortement d’être dépénalisé, puis en 1981 la reconnaissance pour la mère, officiellement déclarée tutrice de son enfant à la mort de son époux. Des mesures perçues à l’époque comme modernes et controversées, qui par la suite ont fait de la femme tunisienne une exception dans ces univers habituellement patriarcaux.

Pour Ban Ki-moon, l’exemplarité du modèle tunisien doit être confirmé par le vent de changement qui souffle sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

«Les femmes de ces régions doivent saisir l’opportunité qui s’offre à elles pour faire avancer leurs droits», a-t-il affirmé. «Les révolutions en Tunisie et en Egypte représentent l’une des plus grandes opportunités pour faire avancer la démocratie et les droits humains en une génération.»

Représentant d'ONU Femmes, l’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, Ban Ki-moon a fait part du souci d’organiser et de ne pas laisser en marge les initiatives tunisiennes, en rappelant l’urgence d’établir un cadre commun.

«Gérées de manière adéquate, elles peuvent constituer un modèle pour des transformations similaires à travers le monde arabe et au-delà», a-t-il indiqué. «Les femmes dans ces pays dev(r)aient obtenir un ferme soutien de la communauté internationale [...] Si ces révolutions entraînent un véritable changement pour la région et si la nouvelle entité "ONU-Femmes" produit un véritable changement pour les femmes, elles ont besoin du soutien engagé et coordonné de nous tous.»

Une reconnaissance, enfin légitimée par l’organisation internationale, qui confirme l’exemplarité du modèle tunisien comme tête de file du mouvement révolutionnaire et réformateur arabe.  

Lu sur Agence Tunis Afrique Presse, Webinfo-Tunisie.net